Rite Primitif (Paris 1721) - Rite Primitif des Philadelphes (Narbonne 1779) - Rite de Misraïm (Venise 1788) - Rite de Memphis (Montauban 1815)

Les rituels de la Franc Maçonnerie de Tradition

 

Ou

 

Les outils de l’Art royal permettant la réalisation de la Grande Architecture philosophale.

 

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« Je poursuis mon rôle d’intellectuel qui essaie de penser le présent et de transformer l’angoisse en espérance pour l’avenir………On parle souvent de « manque moyens » mais je me demande si nous ne somme pas d’avantage hanté par le « manque de fin ».

François RUFFIN, réalisateur, écrivain.

 

« Face à la brutalité de ce siècle, il n’y a guère que deux options : lui faire la guerre, avec le cortège de drames que cela peut entraîner, ou faire évoluer notre lien collectif au réel et au préalable, donc, changer notre regard………Car oui, notre âme n’est pas plus séparée de la matière que la peau du tambour  n’est séparée du son qu’elle produit. Amis les pierres, les arbres et les ruisseaux, donnez nous un peu de votre sagesse, nous qui en manquons tant, et montrez-nous le chemin de la réintégration du Tout.

Philippe LAURENT, « Alchimie/De la matière à l’esprit ».

 

 

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Il s’agit en cette réflexion de comprendre d’où viennent et comment fonctionnent les rituels de l’authentique Franc Maçonnerie appartenant à la chaîne de transmission de la Tradition primordiale, en particulier celle se réclamant en légitimité du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, et quelle est la véritable finalité de l’initiation résultant de leur mise en œuvre.

Cette Tradition primordiale tant évoquée et peu comprise qui est Une et métaphysique, au-delà du temps et des modes, pour témoigner de ce qui Est, de ce que l’on n’a pas à prouver mais à vivre en l’éprouvant, tout en ayant compris que celui qui prend vraiment conscience qu’il Est n’est plus enfermé dans le temps et dans l’espace puisqu’il sait que le temps et l’espace sont en lui dès lors qu’il a acquis la compréhension de la Roue de vie, de ses 12 maisons et de ses 72 portes.

 

Il paraît difficile de commencer une réflexion sur les rituels initiatiques de Tradition sans rappeler que l'Initiation opérative est tributaire de sa double étymologie « initineris» qui signifie : « sur le chemin » et « initium » qui signifie : « le début », ces deux significations consubstantielles conditionnant le contenu même et la finalité de tout rituel authentiquement hermétique et gnostique.

Précision apportée que lesdits rituels ne sont pas l’œuvre d’un individu, aussi inspiré soit-il, mais celle de collèges de sages qui ont mené au cours des années, voire des âges, une réflexion de synthèse empreinte de Connaissance et de spiritualité léguée dans le cadre de cénacles structurés et rigoureux, avec le seul objectif de parvenir à un monde meilleur inscrit dans la durée.

 

Or donc, l’initiation de Tradition ne se rapporte pas tant à une supposée nouvelle naissance qu’à une re-naissance acquise en dépouillant l’homme englué du compost hylique afin de faire naître « l’enfant philosophique » sommeillant en chaque ressuscité du monde des morts (le monde profane uniquement matériel) pour le transformer en homme nouveau redevenu capable de voler à nouveau en esprit par l’usage de la force nouvelle inculquée derrière la porte basse, premier sas d’accès au temple de Thot-hermès ; en nous souvenant que l’oiselet (l’enfant de la philosophie des sages) est l’anagramme d’étoiles.

C’est pour cela que presque tous les rituels de la Franc Maçonnerie de Tradition précisent dès le premier degré symbolique que : « l’on n’est pas initié, on s’initie soit même » car quel homme, quelle femme ou groupe d’hommes et de femmes pourraient avoir la compétence de transmettre le mystère de la seconde vraie naissance, du mystère du Grand Sacrement, lequel ne dépend que de « l’Initiateur d’en haut » à travers son correspondant intime en chaque être incarné : Le Maître intérieur autonome qui apparaît lorsque le disciple est prêt (c’est-à-dire lorsqu’il s’est emparé de sa capacité propre à Le faire émerger en son intimité silencieuse).

C’est pour cela également que les authentiques rituels de Tradition n’enseignent pas, comme le font malheureusement beaucoup de ceux qui sont usité aujourd’hui, que la loge maçonnique « transmets la lumière » au nouvel apprenti reçu, mais qu’ils enseignent à ceux qui sont disposés à les lire avec les yeux de l’Esprit que, dès notre arrivée sur Terre par la porte de la Roue de vie correspondant au chemin que nous avons à parcourir, nous portons en nous cette lumière Divine qui s’estompe malheureusement sous l’action conjuguée de ces systèmes éducatifs, cultuels, culturels et sociaux fondés sur des dogmes, des « certitudes » incertaines, des ressentiments accumulés et des préjugés imposés.

Les rituels de Tradition étant, à l’opposé, pensés et construits afin de permettre au nouvel initié de se dépouiller de ces malencontreuses prémices collectives profanes pour enclencher le processus de réalisation interne et intime qui va lui permettre de réactiver de manière autonome cette Divine Présence intime afin de poursuivre son chemin en conjonction constante avec Elle, selon les Lois Naturelles universelles, incontournables, intangibles et irréfragables.

 

Si la lecture d’un rituel authentique ou d’un texte initiatique hermétique ou gnostique (tel les « Instructions de Fugairon » intégrées au Cercle Intérieur Magistral de la Voie mixte française du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm) peut être déroutante, c’est qu’ils font appel à l’imagination et non à la raison, c’est qu’ils suggèrent plutôt qu’ils explicitent, qu’ils amènent à rechercher des analogies pour comprendre les paraboles et allégories qu’ils portent. Et le propre d’un rituel authentiquement bienveillant est de produire les effets attendus de manière autonome, c’est-à-dire sans que, le plus souvent, les opérateurs chargés de sa mise en œuvre et ses bénéficiaires comprennent ce qu’ils portent vraiment. Car un rituel authentique ne s’adresse pas seulement au mental, à l’intellect, mais il est surtout destiné à l’Etre interne autonome de l’individu et à sa fonction essentielle : la sur-conscience.

Pour accéder à la cohérence et comprendre la finalité d’un rituel de Tradition au regard de l’ensemble plus complexe auquel il participe (par exemple le rituel du 1er degré symbolique par rapport aux rituels des 2ème et 3ème degrés symboliques dont il est indissociable), il convient de se poser à son égard les trois seules questions qui vaillent : - d’où vient-il ? (son origine, son histoire, ses auteurs) – comment est-il construit ? (que contient-t-il vraiment au-delà des apparences et selon quelle mécanique sous-jacente) – où nous emmène-t-il ? (objectif immédiat et projections ultérieures individuelles et collectives).

Nos rituels ancestraux de Tradition sont des scénarii pour l’âme et ils ne peuvent à ce titre être décryptés que par la sur-conscience expression de la Conscience Divine en l’homme. A ce titre ils ne doivent pas être mis en œuvre n’importe comment, n’importe où, par des personnes qui ne sont pas « habilitées », c'est-à-dire qui ne les comprennent pas parce qu’elles n’ont pas reçu ou qu’elles ont mal reçu les initiations qu’ils portent le plus souvent de manière cryptée.

Le non-respect de ces prescriptions simples et ancestrales laissant place au risque de n’être plus que des facteurs de mystification, générant déconvenues, désillusions et perte d’un temps personnel précieux, tous éléments générateurs, par un renversement préjudiciable de la Force mise en œuvre, de troubles internes personnels et collectifs, alors que ces rituels  sont par contenus et définitions des vecteurs de bien être personnel et collectif.

 

Tout rituel initiatique authentique est fondé sur les Lois Naturelles Universelles que les collèges d’initiateurs mettent en œuvre au bénéfice des initiés en réinsérant le groupe d’initiés dans le mouvement perpétuel harmonique de l’univers ; c’est une pièce de théâtre particulière, au sens des drames rituels de la Grèce antique, tels les Mystères d’Eleusis ; pièce dans laquelle l’initié et les opérateurs sont à la fois acteurs et spectateurs, pièce vivante qui nécessite une totale disponibilité d’esprit et de corps pour comprendre et surtout vivre ce qui s’y déroule et en tirer le bénéfice attendu.

 

Un rituel authentique de Tradition ne nous transmet ni théorie ni théologie ; c’est un protocole de métaphysique opérative qui a pour vocation de libérer en celui qui s’en empare avec respect et certitude le reflet qu’il porte en lui de la Conscience Supérieure, celle qui permet d’entrer en communion avec la Réalité métaphysique sous-jacente ; il a pour outils l’évocation, l’invocation, l’incantation, la méditation, auxquels répondent l’imagination, l’inspiration, l’intuition, l’illumination.

Précision apportée ici que si ces termes possèdent aujourd’hui pour certains une connotation risible, voire péjorative, c’est bien en raison de l’incompréhension patente des rationalistes de la pensée matérialiste et scientite, tout en ayant la lucidité de reconnaître que certains des « illuminés » dont ils se moquent sont parfois eux-mêmes à l’origine de ces vindictes stupides en voulant imposer le fruit de leurs illuminations, y compris souvent par la contrainte voire au moyen de la force, à ceux qui n’y croient pas parce qu’incapables de les comprendre ; alors que le fruit de l’inspiration, de l’intuition, de l’illumination est intime, personnel, et ne justifie que le silence et l’extrême discrétion.

 

Un rituel authentique de Tradition, comme tous les textes sacrés véritables, permet de surmonter les visions chaotiques inévitables où tout se mêle, en les transformant en Vérité Unique transcendant la logique rationnelle ; permettant aux métaphores synthétiques, qui apparaissent lorsque la logique analytique a été remisée à sa place, d’abattre les barrières mentales, intellectuelles, culturelles, cultuelles, sociales qui, le plus souvent, bloquent l’émergence de La Conscience Divine en l’homme ou en limite la portée à quelques intérêts collectifs bien relatifs parce que spécifiques.

Avec son langage symbolique, métaphorique, parabolique, allégorique, analogique, un rituel authentique branche l’initié sur les liens métaphysiques et cosmogoniques qui relient le Ciel et la Terre ; cette alchimie transcendantale interne se développant de manière tellement sobre et délicate en l’Etre interne autonome du cherchant sincère et persévérant qu’il ne la découvre que progressivement à travers les fruits de l’œuvre accomplie en lui dans la plus parfaite discrétion.

Le rituel de Tradition sert à canaliser transformer cette énergie vitale qui existe à l’état naturel en l’homme en le reliant à La Source de cette énergie : cela s’appelle réapprendre à vivre avec soi ainsi que de manière concomitante et harmonieuse avec les 4 règnes de la Nature ;  mais le rituel n’est dans ce domaine véritablement opératoire que si le metteur en scène et les acteurs sont portés par la volonté consciente et sincère d’aller dans cette direction car, en ce domaine comme en tout ce qui touche les protocoles opératifs de la métaphysique hermétique, l’intention domine et conditionne la portée des actes et des comportements.

 

Et c’est ainsi que, rompu aux Arcanes de la Science de Thot-Hermès véhiculée par les rituels authentiques de Tradition, le véritable initié peut dire chaque jour qui passe : Dès lors que je respire, que mon cœur bat, que mon sang circule, je prends part au rituel cosmique, celui de la Grande Architecture universelle à laquelle tout ce qui a existé, existe et existera participe ; l’objectif essentiel des initiations hermétiques authentiques étant de m’en faire prendre conscience tout en me permettant de m’y intégrer de manière appropriée, sans conflit ni opposition, naturellement et paisiblement, sans qu’il soit vraiment nécessaire de disserter longuement sur la nature et la réalité de Dieu.

 

Le rituel de Tradition, à la fois mouvement et immobilité physique, paroles et silence, rend compréhensibles ces pierres des temples, des cathédrales, des pyramides, qui parlent à l’intimité de l’Etre et qui assurent parmi les hommes l’éternité de ce qu’ils sont, souvent sans le savoir. Car les rituels authentiques, pris en leurs contenus cohérents, participent d’un système hermétique complet permettant à ceux qui les reçoivent avec respect et confiance d’entendre les voix qui nous arrivent de « derrière les portes », celles qui séparent le royaume des morts, c'est-à-dire du monde profane qui se croit vivant, et le monde des vivants, c'est-à-dire celui de la Réalité domaine de l’Esprit vivant. Ils nous apprennent à inverser les illusions couramment admises qui ont elles-mêmes inversé la vérité entre l’actualité et la Réalité des choses. Tel est par exemple l’objectif hermétique du mythe d’Hiram Abif que de nous l’enseigner en rétablissant la réalité du cycle de la vie et de la mort ou plus exactement en faisant disparaître le despotisme de cette dernière en l’apprivoisant par l’apprentissage du processus de régénération et de résurrection, non pas des corps mais des âmes personnalités en transit.

L’abstrait qui coule dans les veines du Rite de Tradition suscite nos efforts et poursuit son œuvre souterraine dans les régions inconnues de l’Etre, il laisse murir ses fruits en des esprits capables de les porter.

Selon Victor-Emile Michelet : « Les symboles ont une force intérieure qui prend possession de ceux qui croient se les approprier ». Les symboles ne sont donc pas à la disposition de quiconque mais ils s’emparent de ceux qui sont prêts à les recevoir car, toujours selon notre Compagnon de la Hiérophanie : « L’usage des figures pour couvrir ces vérités a ses avantages : de présenter à la fois le texte du livre et le mystère qui y est enfermé : d’exercer simultanément la réflexion des sages et l’instinct des simples………Tous ces rites extérieurs, toute cette organisation apparente sont établis sur des modèles animés d’une vie secrète. Du haut en bas de la hiérarchie solide elle aspire un souffle venu d’une crypte cachée » ;

Voilà donc ce qui explique que tous les rites de Tradition ont leurs arcanes dont le propre est d’être dissimulés à ceux qui ne sont pas prêts et de se révéler à ceux qui le sont. Car le « secret des secrets » c’est que la véritable Connaissance ne se perpétue que dans le secret et le silence : le grand secret c’est donc le secret lui-même car n’est véritablement initié à l’Art Royal, n’est Maître, Roi ou Reine, que celui ou celle qui sait commander à lui-même, que celui ou celle dont le règne est intérieur et dont l’œuvre secrète et silencieuse.

Selon le Zohar « Le monde n’est stable que par le secret » et c’est pour cela qu’il est dans la pénombre des cryptes des rois inconnus, des Maître Secrets dont le statut ésotérique est bien préservé  dans l’échelle des degrés de l’Initiation de Tradition dont l’œuvre est de maintenir en équilibre les plateaux de la balance, dont l’œuvre n’est jamais divulguée intellectuellement mais révélée à l’intimité de ceux qui sont prêts ; c’est ce qui fait que la Parole perdue se reflète dans le silence des pierres des authentiques lieux de prière, de méditation, de recueillement, et qu’elle se révèle par transmutation de la pensée à ceux qui peuvent voir avec les yeux de l’esprit et entendre avec les oreilles du cœur ; c’est ce qui fait que la connaissance cachée vit dans les symboles des temples de tous horizons et s’offre au regard de tous dans les légendes et les allégories des rites en ne se dévoilant qu’aux ressuscités qui reviennent à la vie réelle muets à jamais sur ce qu’ils vivent vraiment : parce que les élus admis aux mystères sont fiancés au silence, car La Connaissance et ses mystères se révèlent par eux-mêmes et jamais par l’entremise d’un homme fut-il initié ; d’où encore une fois la célèbre affirmation, souvent rejetée car dérangeante et incomprise, selon laquelle on s’initie soi-même on n’est jamais initié par quiconque.

 

 

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 C’est donc en raison de tout ce qui précède que l’on comprend l’importance incontournable du moindre symbole, du plus simple des outils présents et utilisés durant les cérémonies des Rites de Tradition et que l’on peut, à titre d’exemple, se poser la question plus particulière de l’usage de bougies dans tous les degrés de ces Rites. Bougies bien fragiles qui peuvent paraître tellement surannées, voire ridicules, à l’homme mécanique des temps dits modernes qui se prend pour Dieu parce qu’il va désormais promener sur la face cachée de la Lune, alors que le ridicule incarné est l’irresponsable qui croit que ses très illusoires et précaires possibilités technologiques et monétaires vont lui permettre de disposer sans impunité de cette capacité maximale de maltraitance qu’il manifeste jour après jour à l’égard de notre Mère la Terre et de Dame Nature.

Car nous savons bien, pour ceux qui se sont réfugiés en pensées auprès des Maîtres Passés de toutes les civilisations véritables, qu’il faut se méfier des choses les plus insignifiantes depuis que l’histoire des hommes démontre quotidiennement que Dieu se dissimule le plus souvent dans les détails les plus insignifiants de la Création afin de n’être accessible qu’à ceux qui sont prêt à Le reconnaître en son universalité véritable.

 

 Comptant parmi les plus grands penseurs de tous les temps, Michael MAIER, Hermétiste Rose+Croix ayant eu et conservant une influence considérable sur la pensée occidentale, écrivit en 1617 (in Atlanta fugiens – Atalante fugitive, ouvrage aujourd’hui introuvable) une allégorie sur les lampes à huile (lou calen provençal) alors en usage dans les rites hermétiques auxquels il participait ; allégorie parfaitement transposable à nos flambeaux de cire usités pour l’activation des rituels du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm : « C’est pourquoi l’homme aussi, lorsqu’il est parvenu au plus haut degré de la croissance connait la décroissance, c’est-à-dire la vieillesse par laquelle il diminue progressivement de vigueur, jusqu’au point où survient la mort. La cause de la vieillesse est celle là même qui fait qu’une bougie, lorsque la cire est presque épuisée s’affaiblit et luit plus faiblement. La bougie comprend trois éléments : la cire, la mèche et la flamme. De même dans l’homme, la mèche est constituée par les organes vitaux, la cire est le sang qui véhicule la vie, la flamme est la chaleur organique c’est-à-dire la vie manifestée. De même que la bougie s’éteint par manque de cire, l’homme par l’effet de la vieillesse s’éteint lentement jusqu’à la mort ».

Le terme de lampe à huile utilisé en ce texte par son auteur ayant été remplacé par celui de bougie pour le besoin de la transposition contemporaine.

 

 Outre le fait que cette allégorie nous fait prendre conscience lors de chaque tenue, au moment de l’allumage et de l’extinction des flambeaux, de l’humilité et du respect que nous devons manifester à la vie incarnée dans les 4 règnes de la Nature indissociables, il ressort de ce qui précède que si ces petites choses tellement fragiles participent depuis des millénaires à la mise en œuvre de tous les rites et cérémonies sur toute la surface de la Terre, c’est bien aussi parce que, au cours d’un rituel, lorsque nous activons de manière opérationnelle les bougies utiles à notre espace temps spécifique, non seulement nous accomplissions un acte complet possédant la propriété de provoquer en l’inconscient des présents un changement de sphère de pensée et d’évolution nécessaire mais c’est également parce que cet acte possède tout bonnement la capacité de nous réinscrire de manière consciente dans l’égrégore du Rite ancestral qui est le nôtre en renforçant sa capacité de diffusion des forces positives qui l’animent, tant à notre bénéfice individuel que collectif. Et grâce à ces petites choses prétendument insignifiantes nous voilà totalement réinvestis lors de nos rituels dans l’ora et labora cher à Michael MAIER lorsqu’il nous dit aussi que : « Pour se tenir sur le sentier véritable de la Nature………il est avant tout nécessaire d’acquérir la science par l’étude et d’aiguiser son esprit au moyen de la pratique car c’est en elles deux conjuguées que se trouve la véritable connaissance de la vérité ».

 

 Tous éléments confirmant l’aspect essentiel de l’action de l’Expert et du Maître de cérémonies lors de l’allumage des feux lors de la mise en œuvre d’un rituel de Tradition parce que, au moyen de leurs actes successifs et respectifs, ils créent les conditions de modification vibratoire agissant sur l’être interne de chaque participant, souvent à son insu, permettant à la collectivité humaine présente de transiter vraiment du monde profane au monde sacré, tout en réinscrivant l’atelier dans l’égrégore général de ces rites ancestraux, tel le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm à la fois tellement beau et exigeant.

Pas moins !

Sans compter que, utilisées à titre personnel dans le cadres des invocations, évocations et prières personnelles, ces luminaires, en leur vocation sacramentelle, permettent de matérialiser très concrètement la présence de celles des entités, passées ou actuelles, d’ici ou de la haut, qui sont évoquées dans les rituels des degrés de perfection, notamment, et qui nous sont indispensables pour communiquer avec le monde d’en haut ; à l’unique condition d’employer pour cela les protocoles ancestraux transmis à cet effet dans le cadre, précisément, de nos rituels précités.

Ni plus, ni moins !

 

 Alors, prenons grand soin de nos petites amies de cire et respectons les pour ce qu’elles sont, à savoir l’un des éléments déterminants d’une chaine ancestrale de transmission de la Tradition primordiale ; sans laisser à quiconque la capacité de nous priver de leurs bienfaits, et surtout pas pour de vils motifs ménagers ou immobiliers de plus en plus  évoqués dans le cadre de la gestion des temples maçonniques de notre « ère moderne ».

 

 

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In fine, l’initiation issue des rituels de Tradition est un chemin de vie sans cesse renouvelé où les embûches, les erreurs, ne sont jamais vraiment supprimées, mais chemin sur lequel on réapprend à vivre dès lors que nous avons acquis cette capacité conférée par  l’Ars Magna qui est de savoir et de pouvoir les transformer leurs réalités opposées ; chemin sur lequel la part d’ombre en homme liée à l’exercice inapproprié d’un libre arbitre incompris coexiste avec la lumière qui est bien présente pour lui permettre de vivre avec le clair-obscur illusoire de l’existence seulement profane. Car l’Initiation véritable issue de ces rituels de Tradition « épiphanise » les épreuves de la vie quotidienne, sans les supprimer, en nous permettant de rattacher les stéréotypes communs aux archétypes fondamentaux.

Sans oublier que, en chemin dès sa naissance vers cet avenir improbable qui l’attend après le franchissement de chaque virage et de chaque sommet, avec pour seul horizon l’inconnu intégral, l’homme n’a d’autre choix que de vivre dans la crainte perpétuelle ou de s’en remettre à la Providence à la condition que ses choix de vie soient conformes à l’équilibre général du Grand Tout.

 C’est pour cela que le véritable initié apprend la Sagesse des Sages au fil de ses étapes successives sur le chemin de la Tradition véritable qui peut se résumer ainsi : Si tu veux savoir où tu vas, il faut commencer par comprendre qui tu es et ensuite te souvenir d’où tu viens. Ce qui signifie très concrètement que ceux qui acquièrent par leurs qualités propres la mémoire du passé antérieur peuvent vivre paisiblement leur futur proche et éloigné alors que ceux qui n’ont pas cette double faculté de mémoire et d’anticipation n’ont pas d’existence réelle puisque cette dernière n’est que la synthèse de ces deux capacités mémorielle et de projection .

 

Au terme de ce trop court voyage en compagnie de nos rituels maçonniques de Tradition, il n’est pas saugrenu de faire valoir toute la modernité de ceux-ci puisque la physique quantique depuis quelques décennies ne cesse de nous expliquer, notamment, que ses lois ne font pas la différence entre le passé et le futur ce qui, s’il en était encore besoin, valide pleinement notre constante référence à la Tradition primordiale qui ne résulte donc pas d’une mélancolie incurable d’un monde qui serait révolu parce que prétendument désuet, mais qui est la naturelle conséquence de ce que les anciennes civilisations de Sumer, de Chaldée, de l’Egypte ancienne, constamment sous jacentes dans les authentiques rites de Tradition, sont à l’origine de l’éternelle modernité garante de l’authenticité de la vraie vie dépouillée de l’actualité apparente parce que fondée sur  l’Essentiel.

Alors oui, en notre qualité de Francs Maçons adeptes de la science ancestrale de Thot-Hermès nous sommes des mélancoliques de cette modernité là, ce qui fait également de nous, tout naturellement, des nostalgiques du futur.

 

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Nîmes, le 14 février 2017, Marseille le 9 janvier 2019.

Patrick-Gilbert FRANCOZ

33-90-66-96

Passé Grand Maître Général

Fondateur de la Voie mixte française du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm(*)

 

 

(*) La Voie mixte française du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm est composée de la Grande Loge Mixte Française du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm,

du Suprême Conseil Mixte de France et du Souverain Sanctuaire Mixte pour la France et les pays associés.

 

 

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